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Matériel médical & paramédical

IRM du genou : 15 à 30 minutes pour révéler les lésions invisibles à la radiographie

Apolline Delmas-Giraud 6 min de lecture
IRM genoux : genou immobilisé sur table IRM, lésions invisibles

Une IRM du genou est prescrite pour examiner avec précision les structures internes de l’articulation : ménisques, ligaments, cartilage, tendons, os et tissus mous. Elle peut aider à comprendre une douleur persistante, à évaluer les suites d’une entorse ou à préciser les conséquences d’un traumatisme, sans utiliser de rayons X. L’examen est généralement indolore et dure le plus souvent entre 15 et 30 minutes.

Ce que l’IRM du genou permet réellement d’observer

L’imagerie par résonance magnétique utilise un champ magnétique puissant et des ondes radio pour produire des images détaillées, en 2D et en 3D. Le genou est placé dans une antenne dédiée, qui contribue à la qualité de l’exploration. Contrairement à la radiographie, l’IRM montre particulièrement bien les tissus mous et certaines anomalies qui restent difficiles à voir sur des clichés standards.

Ménisques, ligaments et cartilage

L’IRM peut mettre en évidence une fissure ou une déchirure méniscale, qu’elle concerne le ménisque médial ou latéral. Elle permet aussi d’évaluer les ligaments croisés, notamment en cas de suspicion de rupture du ligament croisé antérieur, ainsi que les ligaments collatéraux. Le cartilage articulaire est également analysé. Une chondropathie, une atteinte liée à l’arthrose ou une lésion ostéochondrale peuvent ainsi être mieux caractérisées.

Os, tendons et inflammation de l’articulation

L’examen visualise un œdème osseux après un choc, une contusion, une fracture de fatigue ou une atteinte de l’os sous-chondral. Il peut aussi orienter le diagnostic en cas de douleur du tendon rotulien, du tendon quadricipital ou des structures de la patte d’oie. La membrane synoviale, un épanchement articulaire, une synovite ou un kyste poplité font également partie des éléments que le radiologue peut analyser.

Dans quelles situations une IRM est-elle utile ?

Une IRM du genou n’est pas systématique pour chaque douleur ou chaque entorse. Sa prescription dépend de l’examen clinique, de l’intensité des symptômes, du mécanisme du traumatisme et des premiers examens réalisés. Le médecin la demande lorsqu’elle peut préciser un diagnostic et orienter la prise en charge.

  • Douleur persistante ou inexpliquée malgré le repos ou un premier traitement ;
  • Entorse avec instabilité, gonflement important ou suspicion d’atteinte ligamentaire ;
  • Traumatisme sportif, torsion du genou, changement brutal d’appui ou choc direct ;
  • Blocage, accrochage ou suspicion de lésion méniscale ;
  • Recherche d’une atteinte cartilagineuse, tendineuse, inflammatoire ou osseuse ;
  • Bilan avant une intervention ou suivi d’une pathologie déjà identifiée.

Après une entorse, le moment de réaliser l’IRM est donc déterminé au cas par cas. L’examen devient particulièrement pertinent si le médecin suspecte une lésion importante des ligaments ou des ménisques, ou si l’évolution ne correspond pas à celle d’une entorse bénigne. Les images ne remplacent pas l’examen du genou. Elles complètent les symptômes, les tests réalisés en consultation et l’histoire de la blessure.

IRM, radiographie, échographie ou scanner : choisir l’examen adapté

Ces techniques ne répondent pas aux mêmes questions. Elles peuvent être complémentaires. La radiographie est souvent utilisée en première intention pour examiner l’os et l’alignement articulaire. L’IRM est privilégiée lorsqu’il faut explorer finement les structures internes et les tissus mous.

Examen Particulièrement utile pour Principale limite
IRM Ménisques, ligaments, cartilage, tendons, moelle osseuse et tissus mous Examen plus long, nécessitant de rester immobile
Radiographie Fracture visible, arthrose, morphologie et alignement osseux Visualise peu les ménisques et les ligaments
Échographie Tendons superficiels, épanchement et certaines zones musculaires Exploration moins globale de l’intérieur de l’articulation
Scanner Détail de l’os, fracture complexe ou bilan osseux ciblé Utilise des rayonnements ionisants et analyse moins finement les tissus mous

Le parcours repose sur plusieurs informations qui se complètent : le récit précis de l’accident, l’examen clinique, les images précédentes et les résultats de l’IRM. Apporter une radiographie ancienne ou un compte rendu opératoire peut aider le radiologue à comparer les images, à repérer une modification et à choisir les séquences les plus utiles. Cette continuité évite d’interpréter une image sans tenir compte de l’histoire réelle du genou.

Le déroulement : installation, bruit et immobilité

Le jour de l’examen, un manipulateur en électroradiologie médicale vérifie les informations de sécurité et explique l’installation. Vous êtes généralement allongé sur le dos, avec le genou placé dans un dispositif adapté. Selon le protocole, l’entrée dans l’appareil peut se faire les pieds en avant. La position de la tête varie selon l’équipement et votre morphologie.

Pourquoi faut-il rester immobile ?

L’appareil réalise plusieurs séquences d’images. Pendant chacune d’elles, l’immobilité limite les artefacts de mouvement, c’est-à-dire les images floues qui compliquent l’interprétation. L’IRM ne fait pas mal, mais garder la même position peut devenir inconfortable si le genou est très douloureux. Signalez cette douleur avant le début de l’examen afin que l’équipe ajuste au mieux votre installation.

Bruit, claustrophobie et injection éventuelle

L’IRM produit des bruits répétitifs, parfois impressionnants. Un casque ou des protections auditives sont habituellement proposés. Vous restez en communication avec l’équipe pendant l’acquisition. En cas de claustrophobie, prévenez le centre dès la prise de rendez-vous et rappelez-le le jour même. Une explication anticipée du déroulement et les adaptations possibles peuvent faciliter l’examen.

Une injection de produit de contraste à base de gadolinium n’est pas automatique. Elle dépend de la question médicale et du protocole retenu, par exemple pour mieux analyser certaines situations inflammatoires, tumorales ou postopératoires. Si une injection est envisagée, signalez vos antécédents médicaux, notamment rénaux, ainsi qu’une grossesse possible ou tout traitement important.

Préparer le rendez-vous et comprendre la suite

Une prescription médicale est habituellement demandée pour réaliser l’examen. Lors de la prise de rendez-vous dans un centre d’imagerie, mentionnez toute situation particulière : implant, prothèse, vis, plaque, clip, dispositif cardiaque implantable, antécédent de corps étranger métallique, grossesse possible ou claustrophobie. La compatibilité d’un implant ne doit jamais être supposée. L’équipe la vérifie à partir de ses références.

  • L’ordonnance et, si possible, les courriers du médecin ou du chirurgien ;
  • Les examens antérieurs : radiographies, échographies, scanner, IRM et comptes rendus ;
  • Les documents administratifs demandés par le centre ;
  • La liste de vos médicaments si une injection ou un geste particulier est prévu.

Avant l’entrée en salle, retirez les bijoux, la montre, les piercings, l’appareil auditif, les cartes magnétiques et les objets présents dans vos poches. Répondez avec précision au questionnaire de sécurité. Ces vérifications permettent de repérer une situation nécessitant un avis de l’équipe avant l’examen.

Après l’acquisition, le radiologue interprète les images et rédige un compte rendu radiologique destiné au médecin prescripteur. Les résultats servent ensuite à discuter de la suite : rééducation, traitement, avis spécialisé, surveillance ou, plus rarement, préparation d’une intervention.

Apolline Delmas-Giraud

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