Tatouage et IRM : le signaler, sans renoncer à l’examen
Un tatouage n’empêche généralement pas de passer une IRM. Il doit toutefois être signalé à l’équipe d’imagerie, tout comme le maquillage permanent. Certaines encres peuvent provoquer une sensation locale de chaleur ou de picotement ; les brûlures sont très rares. Ne reportez pas seul un examen nécessaire : prévenez le centre et signalez immédiatement toute sensation inhabituelle pendant l’IRM.
Avant le rendez-vous, donner les bonnes informations à l’équipe
La présence d’un tatouage est une information de sécurité à déclarer, pas une contre-indication automatique. Mentionnez-le dans le questionnaire préalable, puis au manipulateur en électroradiologie médicale qui vous accueille. Même si le dessin est visible, ne supposez pas qu’il a déjà été pris en compte.

L’équipe a surtout besoin de connaître son emplacement, son étendue, son ancienneté approximative et l’existence d’une éventuelle réaction lors d’une précédente IRM. Si vous possédez des renseignements sur l’encre utilisée, transmettez-les. Ne pas connaître sa composition reste une situation possible : dites-le simplement, sans chercher à déduire le risque à partir de la couleur.
- Signalez tous les tatouages, y compris ceux qui sont éloignés de la région examinée.
- Mentionnez le maquillage permanent des sourcils, des lèvres ou du contour des yeux.
- Précisez si le tatouage est récent, encore sensible ou en cours de cicatrisation.
- Déclarez aussi les implants, dispositifs médicaux et autres éléments demandés dans le questionnaire : le tatouage ne remplace pas le contrôle habituel de sécurité.
Un tatouage très étendu, ancien, atypique ou réalisé avec une encre de composition inconnue mérite une discussion préalable. Aucun de ces critères ne suffit, à lui seul, à interdire l’examen. Pour un tatouage récent, il n’existe pas de délai universel à appliquer sans avis médical : l’état de la peau et la nécessité de l’IRM doivent être évalués par l’équipe.
Ce qui peut se produire dans l’appareil, et pourquoi
L’IRM utilise un champ magnétique puissant et des ondes de radiofréquence pour produire des images. Contrairement à la radiographie et au scanner, elle ne repose pas sur les rayons X. Ses précautions de sécurité sont donc différentes.
Certaines encres contiennent des pigments ou des particules métalliques susceptibles d’interagir avec le champ magnétique ou l’énergie des radiofréquences. Tous les composants métalliques ne réagissent pas de la même façon : la présence éventuelle de métal ne permet pas, à elle seule, de prédire une complication.
Chaleur et picotements ne signifient pas forcément brûlure
Les manifestations rapportées comprennent une chaleur localisée, des picotements, un tiraillement ou une douleur au niveau du tatouage. Une sensation passagère n’est pas nécessairement une lésion cutanée. Elle doit néanmoins être signalée sans attendre, car le patient ne peut pas déterminer lui-même, depuis l’appareil, si elle est bénigne.
Le risque de brûlure est très faible, mais il n’est pas nul. Il n’est d’ailleurs pas propre aux tatouages : le JIM rappelle que des câbles ou du matériel en contact avec la peau peuvent également être impliqués dans des brûlures en IRM. Respecter l’installation et les consignes de l’équipe reste donc essentiel, tatouage ou non.
La couleur ne constitue pas un test de sécurité
Une encre noire, rouge ou d’une autre couleur ne suffit pas à classer un tatouage comme « sûr » ou « dangereux ». La formulation exacte, les propriétés des pigments et les conditions de l’examen comptent davantage qu’une appréciation visuelle. De même, avoir déjà passé une IRM sans gêne est une information utile, mais pas une garantie pour tous les examens suivants.
Les études sont rassurantes, avec des limites à respecter
Une étude prospective rapportée dans le New England Journal of Medicine, puis présentée par Le Quotidien du Médecin et le JIM, a suivi 330 personnes de 18 à 66 ans. Entre 2011 et 2017, elles ont passé 585 examens IRM et portaient au total 932 tatouages, dont 717 décrits comme noirs par Le Quotidien du Médecin.
Le JIM distingue deux effets transitoires, dont un seul classé comme événement indésirable et ayant entraîné l’interruption de l’examen. Les sensations décrites ont disparu spontanément en moins de 24 heures. Ces observations soutiennent un risque faible dans les conditions étudiées, sans démontrer une absence absolue de risque.
| Conditions de l’étude | Limite pour l’interprétation |
|---|---|
| IRM à 3 T | Les résultats concernent un protocole précis, pas toutes les situations possibles. |
| Tatouages de 20 cm ou moins, couvrant moins de 5 % de la surface corporelle | Les tatouages très étendus sont moins bien représentés par ces résultats. |
| 567 examens avec antenne corps entier et 18 avec antenne de surface centrée sur la tête | Le matériel et la région explorée participent aux conditions d’exposition. |
| SAR inférieur à 2 W/kg | Le débit d’absorption spécifique, indicateur de l’énergie absorbée par les tissus, était encadré. |
Les comptes rendus médicaux citent des estimations de 0,17 % et de 0,30 %, selon l’analyse retenue. Ces valeurs ne doivent pas être utilisées comme une probabilité personnelle universelle : le nombre de participants, les séances répétées et la définition d’un événement doivent être distingués. Le constat le plus utile reste la rareté des réactions observées dans cette population sélectionnée.
Pendant l’IRM, signaler une gêne plutôt que la supporter
Avant de commencer, vérifiez que vous savez utiliser la poire d’appel ou le dispositif d’alerte fourni. L’équipe peut communiquer avec vous par interphone. Vous n’avez pas à attendre qu’une sensation devienne douloureuse pour appeler.
- En cas de chaleur localisée, de picotement, de tiraillement ou de douleur, utilisez immédiatement le dispositif d’appel.
- Indiquez précisément l’endroit concerné et la nature de la sensation : par exemple, « mon tatouage sur l’avant-bras chauffe ».
- Suivez les instructions du personnel, qui décidera d’une pause, d’une vérification ou d’une interruption de l’examen.
Pour éviter une spirale d’inquiétude, convenez avant l’examen d’un repère simple : vous n’avez pas à interpréter chaque sensation, seulement à décrire celle qui apparaît. Localiser la gêne, dire si elle augmente et prévenir tôt est plus utile que rester silencieux en essayant de décider seul si elle est « normale ». Cette répartition des rôles laisse l’évaluation médicale à l’équipe.
Si une rougeur, une douleur ou une lésion apparaît ou persiste après l’examen, signalez-la au service d’imagerie et demandez un avis médical. Ne concluez pas automatiquement que toute sensation ressentie pendant l’IRM provient du tatouage.
Qualité des images et TEP-scan : deux questions distinctes
Un tatouage peut parfois créer un artefact d’image, c’est-à-dire une perturbation locale susceptible de gêner la lecture. Cela dépend notamment de sa composition et de sa proximité avec la région explorée. Une image perturbée n’équivaut pas à une brûlure, et une sensation cutanée ne signifie pas forcément que les images seront inutilisables.
La migration de pigments vers les ganglions lymphatiques relève d’un autre sujet. Elle peut intervenir dans l’interprétation de certains examens, notamment le TEP-scan, mais ne doit pas être confondue avec un échauffement pendant l’IRM. Il ne s’agit pas du même mécanisme.
En pratique, maintenez votre rendez-vous sauf consigne contraire du centre, déclarez vos tatouages et restez en communication avec l’équipe. Si des précautions particulières ou une autre stratégie d’imagerie sont nécessaires, le radiologue les discutera en fonction de la question médicale à résoudre.
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